lundi 23 mars 2015

Le rhum agricole était en fait une cachaça produite aux Antilles.


Le rhum agricole et la cachaça : c'est bonnet blanc et blanc bonnet avec juste une nuance de provenance. L'importance tient à la définition de la catégorie rhum. Alors ti'punch et caïpirinha, même combat ? Oui et Non.

Ce qu'il faut comprendre c'est que dans le monde 98% des rhums sont des rhums dit "industriels" ou "importés". Bacardi, Havana, Pampero etc. 

Ces rhums sont issus de résidus de canne à sucre (le jus de canne par pression directe étant exclusivement destiné à l'industrie sucrière). De ces résidus de canne à sucre on va produire une mélasse qui sera fermentée pour obtenir la maische puis distillée pour obtenir du rhum.

Les rhum agricoles (Saint James, Clément, Damoiseau etc.) ne représente que 2% de la production mondiale de rhum. Ces rhums sont issus directement du jus de la canne à sucre fraichement pressée : Tout comme la cachaça. Cette technique de production permet d'obtenir un alcool très parfumé.

Histoire sommaire du rhum agricole: Lorsque les anglais firent les blocus des Antilles françaises durant les guerres napoléoniennes, l'Empire dû trouver une autre source de sucre, et se reporta sur la betterave sucrière. L'industrie sucrière des Antilles tomba en désuétude et se réorienta vers la production directe de rhum. Ainsi naquit le rhum agricole.

Une nuance entre le rhum agricole et la cachaça : la cachaça provient exclusivement du Brésil, alors que le rhum agricole provient des Antilles françaises. Mais si vous avez tout compris vous pouvez aller titiller un antillais en lui disant que son rhum agricole est en fait une cachaça des Antilles. Notez quand même que la recette de la Caïpirinha et celle du Ti'punch sont aussi très très très proches :

Ti'Punch (rhum agricole)

1/2 citron vert coupé en dés
6 cl de rhum agricole blanc
2 cl de sirop de sucre de canne
pas de glaçons pour les vrais ti'punch pays (pour les touristes : des glaçons)

Dans un verre en verre deposer un demi-citron vert coupé en 4, ajoutez les 2cl de sirop de sucre de canne. Pilez le tout. Versez le rhum agricole. Goutez le mélange tiède... (attention il faut reconnaitre que c'est plutot une boisson d'homme) ... puis en bon métropolitain ajoutez finalement les glaçons jusqu'à ras bord du verre :o) Un coup de cuillère à mélange. Servez aussitôt.

Caïpirinha (cachaça)

1/2 citron vert coupé en dés
4 cl de chachaça non vieillie
2 cl de sirop sucre de canne
des glaçons

Dans un verre court et large (cf. verre à caïpirinha) deposer un demi-citron vert coupé en 4, ajoutez les 2cl de sirop de sucre de canne. Pilez le tout. Ajoutez les glaçons jusqu'à ras bord du verre, puis versez la cachaça. Un coup de cuillière à mélange. Servez aussitôt.




Voilà, un argument de plus pour inciter nos barmen à ne plus utiliser de rhum agricole pour confectionner leur mojitos car j'ose croire qu'ils ne le feraient pas sciemment avec de la cachaça. 

(Mojito = rhums industriels).

Cheers,

F.

BENJAMIN DELESSERT LE ROI DE LA BETTERRAVE SUCRIERE.

Le 2 janvier 1812, Napoléon Bonaparte rend en effet visite à Benjamin Delessert dans sa sucrerie de la colline de Passy, à l'extérieur de Paris à l'époque. La France doit impérativement trouver un substitut à la canne à sucre car elle est soumise au blocus continental décrété en 1806 par la perfide Albion.


Botaniste de formation, Delessert a mis au point à l'échelle industrielle les travaux de chercheurs sur l'extraction du sucre dans la betterave. Le sucre est naturellement présent dans de nombreuses plantes comme la pomme de terre mais c'est avec la betterave qu'elle dégage le meilleur taux, entre 15 et 20% de son poids.
Convaincu de cette trouvaille, l'empereur visionnaire signe le jour même l'acte de naissance symbolique d'une filière agro-industrielle stratégique pour le pays. 200 ans plus tard, la France bénéficie d'une solide position de premier producteur mondial de sucre avec près de 5 milions de tonnes produites par an dans 25 sucreries en métropole et 5 en outre mer. Alors c'est qui le patron ?

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