lundi 19 septembre 2016

Le Phylloxéra vaincu par les phéromones ? La lutte biologique pourrait-elle permettre le retour des cépages en franc-de-pied ?




Après 150 ans de dictature du Phylloxéra sur les vignobles du monde entier, une solution biotechnique serait elle enfin envisageable pour terrasser le parasite ? C'est probable. Les pièges à phéromones sont déjà utilisés pour la Pyrale du Buis alors pourquoi pas le Phylloxéra. Une innovation qui signerait le retour en grâce des vignes en franc-de-pied et donc par prolongation le retour du vrai goût du vin.


SOLUTION BIOTECHNIQUE : Le piège à phéromones

Aussi simple qu'efficace : le piège à phéromones. L'utilisation de phéromones a été tout d'abord été employé pour lutter contre les tordeuses de la grappe à partir de 2002. Une alternative d'avenir qui se veut respectueuse de l'environnement. La méthode est d'une simplicité déconcertante : on diffuse des phéromones femelles au coeur des parcelles de vigne. Cela a pour effet de brouiller le signal signalant la présence de l'insecte à ses congénères. Le mâle se trouve alors dans l'impossibilité de trouver la femelle pour se reproduire. Bonjour/Aurevoir ! 


Pour le Phylloxéra c'est plus compliqué : la confusion sexuelle n'est pas possible puisque ce dernier change de sexe en fonction de son milieu (parthénogènèse). Par contre peut être pourrait on utiliser les phéromones pour attirer ledit insecte vers des pièges comme pour la Pyrale du Buis ?




Cette méthode douce permettrai de revenir à la viticulture pré-Phylloxérique avec des cépages francs de pied. Rappelons que le Phylloxéra fit mourrir la quasi-totalité du vignoble européen au sortir du XIXème siècle. A Cognac le vignoble fut divisé par 10 et passa de 300 000 ha à moins de 30 000 ha. Seul les vignes plantées dans les terres silicieuses survécurent car le phylloxéra n'attaque pas les ceps de vigne plantées sur des sablons. Pourquoi ? Car le sable, par sa structure et sa mobilité, empêche par écrasement les formes radicicoles de descendre vers les racines. De fait, ce parasite obligea la viticulture à se travestir pour survivre. Comment ? En greffant les cépages autochtones (vitis vinifera) sur d'infâmes porte-greffes américains (vitis berliandieri) résistants au phylloxéra. L'épithète spécifique est dédiée à J.L. Berlandier, un botaniste suisse, élève du grand botaniste de Candolle. C'est Berlandier qui récolta les premiers échantillons en 1834 dans le Comté de Bexar au TexasConfusion sexuelle : coût de l'opération ? 175€/hectare. Piège à Phéromones : ???





LE GREFFAGE AU PILORI


Si l'hypothèse venanit a se concrétiser, ce serait la fin du règne du greffage et des porte-greffes américains: seul palliatifs trouvés jusqu'en 2016 pour contrer les effets du Daktulosphaira vitifoliae (nommé vernaculairement Phylloxéra). La partie racinaire des vignes de souche américaine étaient les seules qui résistaientt au suscions de la larve du parasite.






FRANC-DE-PIED


La fin du phylloxéra signe le retour des vignes européennes en franc-de-pied : comprenez sans greffage. Les vignes vitis vinifiera (la souche européenne d'origine de nos cépages de vin de bouche) en plantation 100% franc-de-pied vont pouvoir retrouver leur faste d'avant. En prolongation c'est le retour du vrai gout du vin tel qu'il l'était avant l'arrivée du parasite vers 1860. Ce serait une révolution !







LE RETOUR DU VRAI GOUT DU VIN


Cette approche différente de la lutte contre le phylloxéra dans le monde viticole pourrait permettre le grand retour au origines du vrai goût du vin. L'homme, faute de mieux, avait rationalisé et accepté : après le phylloxéra et l'unique solution du greffage, le gout du vin ne serait jamais plus le même. 


Faute de grives on mangera du merle avait on dit dans les stations viticoles du XIXème siècles créées pour trouver une solution au problème du Phylloxéra.


Oui, car il est une chose que nous avions oublié en 2016, la vitis vinifiera greffée sur un porte-greffe américain est résistante au phylloxéra, certes, mais cela modifie également ses capacités de production et in fine les caractéristiques organoleptiques du raisin et donc du vin.


Cette problématique a fait changer de force le profil de certaines AOC. Ex : à cognac le cépage endémique d'origine, la Folle Blanche, à quasiment disparu (moins de 2% des plantations en 2016) au profit d'un cépage italien ayant mieux supporté le greffage : le Trebbiano Bianco (alias Ugni-Blanc ou Gros Plan, 98% des plantations en 2016). 


Pensez vous qu'un Merlot greffe sur un porte greffe américain a le même goût qu'un Merlot à 100% de la racine jusqu'au bout de la pampre ? La réponse est évidement non. Alors le vrai gout du vin sera t'il à votre gout ? Réponse dans 4 ans j'espère pour les premières dégustations.


Cheers,


F.






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