lundi 25 juillet 2016

Savez vous pourquoi les taxes représentent 87% du prix TTC d'un spiritueux de 1L à 40% vendu 13€ ?


L'Etat Français, ce n'est pas une surprise, à la main lourde en matière de Taxes. Sur les alcools en général (vins, bières, produits intermédiaire) et sur les spiritueux en particulier. La question porte donc plutôt sur le grand déséquilibre de la taxation des différents alcools.



En termes d'unités d'alcool légales 1 verre de vin de 10 cl à 12°= 1 verre de bière de 25 cl à 5° = 1 verre de spiritueux de 3 cl à 40°. Alors pourquoi ces différents liquides alcoolisés sont ils taxés différemment ?

Pour prendre conscience du déséquilibre il faut regarder les chiffres. Les spiritueux représentent 22,1% des volumes mis à la consommation en 2014. La logique voudrait donc qu'ils contribuent aux recettes fiscales à hauteur de 22,1%. Vous êtes d'accord ? Moi aussi. Et bien non les spiritueux représentent 73,2% des recettes fiscales en 2014 !

A contrario, les vins qui représentent 56,2% des volumes en 2014, ne représentent que 3,1% de recettes fiscales en 2014. La notion d'égalité à pris du plomb dans l'aile non ?


Alors pourquoi un tel déséquilibre ? Le vin a toujours eu une place prépondérante dans la civilisation judéo-chrétienne. Après tout n'est il pas le sang christ versé pour nous et la multitude en rémission des péchés ? lol

Pour trouver la première trace avérée d'action anti-spiritueux mené par le lobby du vin il faut remonter au lendemain de la crise du phylloxéra

Vers 1870, le vignoble français est presque totalement anéanti par un petit parasite venu des Amériques. Cette crise sanitaire trouvera son salut par la mise en place systématique de porte greffe américains sur les greffons français. 

Dans le contexte de l'époque le vin est une boisson alimentaire. Le faible degré alcoolique des productions de l'époque permets d'en consommer sans être trop grisé. Le vin réponds surtout à des problématiques sanitaires. L'accès à l'eau potable n'étant pas donné à tout le monde. Pasteur recommande lui même le vin comme étant : le breuvage le plus sain(t) et le plus hygiénique qui soit.

La disparition du vignoble français (et européen) provoque une pénurie. Les consommateurs s'orientent donc vers un autre type de consommation alcoolisée : les spiritueux... et plus particulièrement l'absinthe et le rhum (c'est à cette époque que Marseille devient la ville du rhum). Cela au grand dam de l'industrie viti-vinicole qui voit le vent tourner.

Pour protéger les intérêts communs de la filière vin un lobby hygiéniste se forme (porté par la personne de Pasteur) et l'on attaque ces spiritueux que l'on accable des plus grands maux. L'absinthe rendrait fou, et ce serait la grande armoise (principale composante) qui en serait responsable. Résultat : le 16 mars 1915 l'Etat français interdit la fabrication de l'absinthe et des liqueurs similaires. 100 ans plus tard, l'absinthe est totalement réhabilitée... mais le lobby du vin (à en croire les chiffres de cette fiscalité discriminatoire) est toujours bien en place.

Les chiffres de cet article proviennent de la fédération française des spiritueux.

Cheers,

F.




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